Brice Hortefeux a trop d’humour. Je le sais, il m’a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l’avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : « Vous avez vos papiers ? » [...]
Ce matin, train au départ d’Oslo. Deux norvégiens africains (comme les ‘ricains diraient) entrent dans mon wagon. La contrôleuse les marque de près. De très près, même. Jusqu’à ce qu’ils achètent leurs billets – il est parfaitement légal d’acheter son billet dans le train ici-bas.
Scène de la vie de tous les jours ?
Non, parce qu’ici, les contrôleurs sont très cools et laissent toujours les gens s’assoir tranquillement, et passent un peu plus tard. Toujours, en deux ans, sauf ce matin.
C’est vrai qu’on en voit rarement, des norvégiens africains dans mon train du matin.
Quand même, j’aurais bien aimé qu’on me laisse l’illusion qu’ils sont traités comme les autres passagers. D’ici ou d’ailleurs, d’origine visible ou pas.